4 À propos de l’auteur

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S’il y a bien une chose qu’on n’a pas envie de faire en août, c’est bien de mourir. Août nous évoque bien plus des images de plages sous le soleil, de terrasses rafraîchies de brumisateurs, le tout sur fond de ciel bleu. Mais Jean-Baptiste Ferrero en a décidé autrement, et il nous emporte dans un trépidant roman policier truffé de tous les éléments qui en font un joyau du genre. Du grand art de la part de cet auteur qui maîtrise son écriture ainsi que les codes du polar.

Le personnage principal de votre excellent roman, Thomas Fiera, est attachant à plus d’un titre. Même s’il joue volontiers les méchants. Il prend une grande place, dans le roman, mais aussi dans votre vie d’auteur, non ? Il tient d’ailleurs un BLOG dans lequel il n’hésite pas à donner son avis sur son créateur, c’est-à-dire vous-même. Comment est né ce Thomas Fiera, quelle part de vous porte-t-il en lui (ou l’inverse) ?

Je parle doucement parce que j’ai un peu peur qu’il m’entende. Il déteste quand je dis que je l’ai inventé et après il raconte des horreurs sur moi dans son blog. Toujours est-il qu’il représente sans doute ce que j’aimerais être : un affreux jojo sympathique et séducteur, insolent, gouailleur et capable d’être méchant pour être libre. Il est aussi très lucide sur ses propres faiblesses. En fait il a très peu d’inhibition et ne respecte que son propre code moral sans s’encombrer des principes à la noix qu’on nous enseigne lorsqu’on est enfant : dis bonjour à la dame, traverse dans les clous… Thomas lui est toujours en dehors des clous.

Bien longtemps après avoir créé Thomas, j’ai réalisé que Fiera signifie en espagnol « fauve », « animal sauvage ». Pas besoin de s’appeler Sigmund pour interpréter ce que cela signifie, surtout quand on sait que Thomas est mon troisième prénom. Vous reprendrez bien une petite tranche de « Ça » ?

Comment est-il né ? Comme ça ! J’écoutais une musique un peu mélancolique, un morceau du trio de jazz E.S.T et soudain j’ai vu l’image d’un homme triste et solitaire tenant la main d’une femme dans le coma. J’ai vu la chambre et la lumière du dehors découpée en tranches par les stores vénitiens. L’homme sortait ensuite dans la rue pour regagner le monde et sa vie. C’est ainsi que sont nés ce roman et ce personnage.

Dans son enquête, Thomas est assisté d’un quatuor pour le moins atypique, qui tient un peu de l’agence tout risque. Cette énergie déployée par ces héros modernes est opposée à l’immobilité d’une sorte de belle au bois dormant, qui donne des passages très poétiques et émouvants au roman. Quelles sont vos sources d’inspiration, quels auteurs vont ont marqué, romans, films, séries… ?

Tout le roman noir américain et des auteurs comme Westlake, Block ou Kaminski qui démontrent que l’on peut faire de l’excellent polar tout en maniant l’humour. J’adore également Lansdale avec qui je partage un goût parfois excessif pour la métaphore un peu trash. Mais mon personnage de polar favori c’est Lupin, le voyou au grand cœur, le seigneur. C’est un type qui a une classe incroyable et qui au fond est sans doute plus honnête que les bourgeois adipeux qu’il dépouille.

J’aime l’idée que la loi et la morale ne se recouvrent pas absolument et j’aime les Don Quichotte qui s’attaquent aux moulins.

Qu’est-ce qui a motivé votre choix du monde de l’entreprise pour y dérouler l’action de votre roman ?

C’est un monde que je connais bien puisque j’ai toujours travaillé dans le domaine du conseil en management et en communication. C’est un univers absurde, foutraque, violent, souvent pervers qui se déguise sous les atours de la rationalité et de l’organisation. C’est un monde plein d’histoires que le roman français moderne néglige alors que Balzac et Zola, par exemple, ne parlaient que de cela. C’est surtout un univers de pouvoir, un univers guerrier où les êtres humains montrent crûment le pire et le meilleur d’eux-mêmes. Une mine de romans !

Quels sont les projets littéraires sur lesquels vous travaillez actuellement ? Toujours avec Thomas Fiera ?

Pour l’instant je planche activement sur un deuxième roman mettant en scène Thomas Fiera. Cela sera sans doute un roman plus sombre, plus violent, même si l’humour y garde sa place. Je travaille en parallèle, mais à petite vitesse, sur deux autres romans : un conte satirique assez méchant sur l’univers de la télévision, et un roman plus personnel sur mes rapports avec le Sud.

Bon. J’entends Thomas qui arrive. Chut ! Je vous laisse…

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